Le plan nucléaire de la Chine et ses 150 nouveaux réacteurs d’ici 2035

La souveraineté énergétique et les objectifs climatiques constituent deux enjeux cruciaux pour les puissances économiques. Pékin va investir près de 381 milliards d’euros dans le développement de 150 réacteurs nucléaire, pour une énergie bas carbone.

La Chine va déployer des moyens colossaux pour assurer sa propre production électrique et que celle-ci soit la moins émettrice de gaz à effet de serre possible. D’après un article de Bloomberg, Pékin projette d’investir près de 381 milliards d’euros sur 15 ans pour construire 150 réacteurs nucléaires, une énergie pilotable bas carbone pouvant fournir de l’électricité. Le média économique constate que ces 150 réacteurs représentent plus que ce que le reste du monde n’en a construit au cours des 35 dernières années.

Considérée comme l’un des pays les plus émetteurs au monde de CO2 et épinglée lors de la COP26 , la Chine – absente lors de cette conférence pour le climat – a donc décidé d’accélérer pour réduire son empreinte carbone.

Bloomberg affirme d’ailleurs que le pays dépassera les Etats-Unis en tant que plus grand producteur d’énergie nucléaire au monde. L’objectif chinois serait d’atteindre d’ici 2035, une production de 200 gigawatts directement issue de l’atome, une puissance pouvant alimenter une douzaine de villes de la taille équivalente à Pékin, d’après Bloomberg.

Le média note que la stratégie de l’empire du Milieu servirait également à exporter son électricité vers des pays qui ont davantage de difficulté à en produire, et d’exporter son savoir-faire pour la construction de réacteurs à l’étranger, à l’instar du Pakistan.

La Chine affirme que ses plans pourraient empêcher l’émission d’environ 1,5 milliard de tonnes de carbone par an, soit plus que ce qui est généré par le Royaume-Uni, l’Espagne, la France et l’Allemagne réunis.

Et la Chine voit encore plus loin : son but, d’ici 2060, serait de remplacer la quasi-totalité de ses centaines de centrales à charbon par une énergie propre, notamment par le biais de petits réacteurs modulaires (SMR).

Un scénario qui semble aller à contre-courant des puissances européennes : la France compte réduire la part du nucléaire dans son mix électrique à 50% d’ici 2035, quand l’Allemagne vise la fin totale de l’industrie nucléaire sur son sol pour 2022.

Dans le même temps, la Chine a annoncé début septembre avoir construit son premier réacteur au thorium. Une avancée technologique qui lui permettra logiquement de ne plus dépendre d’autres pays pour l’approvisionnement du combustible et de réduire considérablement la quantités de déchets. La France, pour sa part, a stoppé la recherche sur les réacteurs de quatrième génération en 2019, avec l’arrêt du programme Astrid.

BG

Source à l’adresse RT France