Le Premier ministre irakien visé par une tentative d’assassinat au drone piégé

Dans un contexte post-électoral très tendu, une attaque sur la résidence du Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi a été réalisée au moyen d’un drone. L’acte n’a pas été revendiqué et les Etats-Unis ont proposé leur aide pour mener l’enquête.

Dans la nuit du 6 au 7 novembre, le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi est sorti indemne d’une «tentative d’assassinat ratée» au moyen d’un drone piégé qui a visé sa résidence à Bagdad. Il s’agit d’une nouvelle escalade dans la crise que traverse l’Irak et Moustafa al-Kazimi a appelé au calme. Les Etats-Unis ont aussitôt condamné un «acte apparent de terrorisme» contre «le cœur de l’Etat irakien», au moment où les partis mènent des tractations en vue de former des coalitions parlementaires sur la base des résultats préliminaires du scrutin du 10 octobre.

Les autorités irakiennes ont annoncé que Moustafa al-Kazimi était «en bonne santé» et que les forces de sécurité prenaient les «mesures nécessaires» à la suite de l’attaque. Deux gardes du corps auraient cependant été blessés, selon l’AFP. Des tirs et des explosions ont également été signalés aux alentours de la maison du Premier ministre située dans la «Zone verte», un périmètre ultraprotégé situé en plein cœur de la capitale irakienne qui abrite l’ambassade américaine et des bâtiments gouvernementaux.

J’appelle au calme et à la retenue de la part de tous, pour le bien de l’Irak

Peu après que la nouvelle de l’attaque a été rendue publique, Moustafa al-Kazimi a publié sur les réseaux sociaux une déclaration : «Je portais et porte toujours un projet de rédemption pour l’Irak et le peuple irakien. Les missiles de la traîtrise ne décourageront pas les croyants, et pas un cheveu ne sera ébranlé dans la fermeté et l’insistance de nos forces de sécurité héroïques pour protéger le peuple, renforcer le droit et faire respecter la loi. Je vais bien, Dieu soit loué, parmi mon peuple, et j’appelle au calme et à la retenue de la part de tous, pour le bien de l’Irak.»

Les Etats-Unis offrent leur aide pour mener l’enquête

«Nous sommes soulagés d’apprendre que le Premier ministre est indemne», a pour sa part déclaré le porte-parole du Département d’État Ned Price, condamnant «fermement» cet «acte apparent de terrorisme».

Ned Price a ajouté que le département d’Etat était «en contact étroit avec les forces de sécurité irakiennes chargées de faire respecter la souveraineté et l’indépendance de l’Irak» et a précisé que les Etats-Unis avaient «offert leur aide dans le cadre de l’enquête sur cette attaque». «Notre engagement envers nos partenaires irakiens est inébranlable. Les États-Unis se tiennent aux côtés du gouvernement et du peuple irakiens», a conclu le porte-parole.

Deux jours avant l’attentat, Qaïs al-Khazali, le chef d’Assaïb Ahl al-Haq (l’un des principaux groupes pro-Iran du Hachd al-Chaabi), avait mis en garde contre «toute tentative d’acteurs liés aux services de renseignement de bombarder la Zone verte et d’accuser ensuite les factions de la résistance».

La tentative d’assassinat – qui n’a pour l’heure pas été revendiquée – a eu lieu au lendemain d’affrontements ayant éclaté à Bagdad au sujet des résultats des élections législatives du mois dernier. Une centaine de personnes ont été blessées le 5 novembre lorsque des manifestants ont tenté de prendre d’assaut la Zone verte. Selon une source sécuritaire citée par l’AFP, un manifestant est mort, tandis qu’une source au sein de la coalition pro-iranienne Hachd al-Chaabi a fait état de deux morts. Plusieurs incendies ont été allumés dans la capitale. Les manifestants protestent contre la lourde défaite des partis chiites pro-iraniens d’Irak et des fraudes électorales présumées, exigeant qu’on recompte les voix.

Source à l’adresse RT France