Proposition sur l’immigration : Arnaud Montebourg critiqué à gauche… et félicité à droite

Candidat à la présidentielle, l’ancien ministre PS a été vertement repris par plusieurs élus de gauche pour avoir proposé de bloquer les transferts d’argent vers les pays non coopératifs. Eric Zemmour et Robert Ménard l’ont en revanche salué.

Arnaud Montebourg tancé par son propre camp. Avancée le 7 novembre dans l’émission «Le Grand Jury», la proposition de l’ex-ministre socialiste de bloquer les transferts d’argent vers les pays non coopératifs a suscité de nombreuses critiques de la part d’élus de gauche qui l’ont accusé de reprendre des thèmes de droite.

«Il y a 11 milliards de transferts d’argent qui passent par Western Union sur l’ensemble des pays d’origine. C’est une manne pour ces pays et nous avons besoin aujourd’hui de dire : « ça suffit »», a ainsi expliqué sur LCI le candidat à l’élection présidentielle.

Arnaud, reviens avec nous ! A gauche, en sortant du studio

«Montebourg, ce serait une erreur cruelle d’interdire les transferts de salaires vers la famille au pays d’origine au nom des mauvaises actions des gouvernements. Reconnaissez l’erreur. Il y a assez d’angoisses comme ça. Ne passez pas sur ce terrain glauque», l’a exhorté le leader des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, ajoutant sur Twitter que «la proposition commune Montebourg/Zemmour contre les transferts de salaires aux familles dans les pays d’origine augmentera les causes d’émigration». 

Autre député LFI, Bastien Lachaud a qualifié Arnaud Montebourg de «rantanplan du zemmourisme» : «Singer les idées abjectes et stupides de l’extrême droite pour espérer se faire remarquer. Posture vaine et délétère, qui alimente la course au pire», a poursuivi l’élu de gauche, pour qui cela représente «un candidat de moins à gauche». «Naufrage de l’opportunisme politique quand ceux qui se revendiquent de gauche s’inscrivent dans les pas de Zemmour», a abondé sa collègue eurodéputée Manon Aubry.

«Arnaud, reviens avec nous ! A gauche, en sortant du studio», a écrit de son côté l’écologiste Sandrine Rousseau. «Quand La Remontada se fait à droite, vraiment à droite», a commenté le député Matthieu Orphelin, porte-parole du candidat EELV Yannick Jadot, en référence au slogan de campagne d’Arnaud Montebourg.

Au sein de l’ancien parti du chantre du Made in France, le sénateur PS Rachid Temal a parlé de «faute politique et morale» de la part de son ancien camarade. «Avec sa mesure, c’est la première fois qu’on condamne un peuple innocent à la place d’un régime qu’il estime coupable. C’est une inversion des valeurs», a-t-il jugé. «Avec Montebourg aussi, l’arrogance des privilégiés et la bêtise patriotique sont sans limite», a ajouté le candidat du NPA Philippe Poutou.

L’ex-ministre de l’Economie et du Redressement productif s’est également fait étriller sur les réseaux pour avoir déclaré durant l’émission que «Charles Aznavour et Zinédine, ce sont devenus des grands Français mais avant, ils ont été des immigrés», alors que le premier est né à Paris et le deuxième à Marseille.

Des soutiens à droite

La sortie d’Arnaud Montebourg sur les transferts d’argent lui a en revanche valu des soutiens – parfois sarcastiques – de la part de la droite française. L’essayiste Eric Zemmour, candidat putatif à l’élection, a ironisé : «En panne d’idées, Montebourg a regardé en replay les vidéos de ma chaîne YouTube. Bravo Arnaud !»

Le maire de Béziers Robert Ménard a estimé que la proposition d’Arnaud Montebourg montrait qu’il y avait «aussi des gens de gauche réalistes». «Comme quoi, tout n’est pas perdu», a-t-il lui aussi ironisé.

Source à l’adresse RT France