Arnaud Montebourg lâché par son mouvement de jeunes malgré son rétropédalage sur l’immigration

L’ancien ministre, critiqué à gauche pour sa proposition de blocage de certains transferts d’argent privé, a regretté une «incompréhension», assurant avoir «voulu viser les Etats». En dépit de ses explications, son mouvement de jeunesse l’a lâché.

Mauvaise séquence pour Arnaud Montebourg. Le candidat à la présidentielle a expliqué le 8 novembre s’être «mal exprimé» et a regretté une «incompréhension», après ses propos en faveur du blocage des transferts d’argent privé vers les pays qui refusent d’accueillir leurs ressortissants visés par une mesure d’expulsion. Un rétropédalage insuffisant pour certains de ses soutiens. Les Jeunes pour Montebourg ont en effet décidé de ne plus soutenir l’ancien ministre socialiste après sa sortie dans Le Grand Jury, malgré ses explications postérieures.

«J’ai voulu viser les Etats, je ne souhaite pas toucher ces familles qui travaillent dur, envoient de l’argent dans leurs familles de l’autre coté de la Méditerranée», a ainsi insisté Arnaud Montebourg sur LCP. «J’ai ressenti beaucoup d’émoi, beaucoup d’émotion, chez mes propres amis, dans ma famille, certains pratiquent ce soutien, cette entraide par-delà les frontières. […] Je me suis fait engueuler par des gens que j’aime. J’ai compris que je m’étais mal exprimé», a indiqué l’ex-ministre de l’Economie sous François Hollande.

«Ces transferts d’argent privé sont une manne pour ces pays et nous avons besoin aujourd’hui de dire : ça suffit», avait-il déclaré le 7 novembre dans Le Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro. Ses déclarations avaient suscité une série de réactions indignées de la part de plusieurs figures de gauche, dont des rivaux à la présidentielle comme Jean-Luc Mélenchon.

Montebourg parle d’«un débat un peu interdit»

«J’ai voulu dire : « maintenant il va falloir taper aux portefeuilles », mais de qui ? Des Etats d’abord, ce sont les Etats qui sont en cause. Dans la recherche d’un rapport diplomatique il est nécessaire que les Etats bougent», a poursuivi Arnaud Montebourg le 8 novembre, ajoutant : «Je dirais que c’est une incompréhension […] Une élection présidentielle, c’est fait pour rechercher des solutions et en débattre, pas pour mettre la poussière sous le tapis.»

«Le président de la République a proposé la restriction des visas, j’ai l’impression que ça ne fonctionne pas… ll n’y a pas de propositions sur le sujet, il faut en trouver une», a-t-il considéré. «J’ai voulu rappeler un débat qui est un peu insubmersible, qui revient régulièrement à toutes les élections présidentielles, c’est un débat un peu interdit, c’est le débat de la recherche de solutions efficaces pour que des personnes condamnées qui n’ont pas la nationalité française et qui ne l’auront jamais vu leurs comportements délictueux soient renvoyées dans leurs pays une fois qu’elles ont purgé leur peine», a-t-il encore justifié.

Il ne s’agit pas pour nous d’une incompréhension, mais bien d’une erreur

Les explications n’ont semble-t-il pas suffit au mouvement de jeunesse qui le soutenait dans sa campagne, et qui compte 150 membres selon Le Parisien. Peu après le passage du candidat sur LCP, Les Jeunes pour Montebourg ont publié un communiqué explicite signifiant leur mise en retrait au motif que cette proposition de blocage des transferts d’argent «heurte fondamentalement [leurs] valeurs et les raisons de [leur] engagement», d’autant plus qu’elle «n’avait jamais été ni transmise ni mentionnée, de manière formelle ou informelle, aux membres des Jeunes pour Montebourg».

«Les propos d’Arnaud Montebourg ce soir sur l’émission Audition Publique ne nous convainquent pas. Il ne s’agit pas pour nous d’une incompréhension, mais bien d’une erreur», ajoute le communiqué. Le groupe de soutien a supprimé son compte Twitter, n’ayant «plus de raison d’être», et a déclaré ne pas souhaiter soutenir un autre candidat.

Source à l’adresse RT France