Pédocriminalité dans l’Eglise : le témoignage choc d’Arnaud Gallais (VIDEO)

Arnaud Gallais, ancien directeur général d’Enfant Présent, s’est exprimé au micro de RT France au sujet des abus sexuels qu’il a subis dans son enfance. Son témoignage a été recueilli dans le rapport Sauvé sur les abus sexuels au sein de l’Eglise

Ancien directeur général d’Enfant Présent, une association de prévention des risques et de protection de l’enfance, Arnaud Gallais s’est exprimé le 9 novembre au micro de RT France au sujet des abus sexuel dont il a été victime dans son enfance.

Ayant également témoigné pour le rapport Sauvé publié le 5 octobre sur les abus sexuels au sein de l’Eglise, Arnaud Gallais a été violé par un père missionnaire en Afrique et cousin de sa propre mère. «Ça s’est passé entre l’âge de 8 ans et de 11 ans, il faut se rendre compte de ce que ça représente pour un enfant de 8 ans. J’étais incapable jusqu’à mes 19 ans de comprendre ce qui m’était arrivé», a-t-il confié.

Son récit a permis de mettre en lumière les agissements pédocriminels au sein de l’Eglise, l’emprise des ecclésiastiques sur les enfants et l’impunité permise par l’institution catholique.

Aujourd’hui père de famille de 40 ans, il a jugé salutaire la Conférence des évêques de Lourdes, qui s’est tenue du 2 au 8 novembre et qui a reconnu la «responsabilité institutionnelle» de l’Eglise et la nécessité d’indemniser les victimes. «Les premières réactions ont consisté à dire : « Dieu merci, les fait sont prescrits ». C’était donc la moindre des choses, après il faut que ce soit suivi d’actions», a-t-il souligné.

Arnaud Gallais prône un contrôle plus étroit de l’Etat sur les agissements de l’Eglise

Le rapport Sauvé a établi un nombre de victimes s’élevant à 330 000 personnes depuis 1950. Les évêques réunis à Lourdes ont annoncé la création d’une instance indépendante de reconnaissance et de réparation. Les indemnités seront versées depuis un fonds propre, et éventuellement d’un emprunt de l’Eglise. Cela reste toutefois insuffisant, selon Arnaud Gallais.

«Ce qui me révolte le plus, c’est la réaction du ministre de l’Intérieur, qui dit uniquement : « On demande à l’Eglise de signaler les violences sur mineurs de moins de 15 ans, les violences sexuelles ». Ce n’est pas ce que dit la loi», a-t-il martelé en citant l’article 434-3 du Code pénal. «Je pense que la pédocriminalité n’est pas en adéquation avec les valeurs de la République. […] Donc l’Etat a aussi les clefs en main», a conclu Arnaud Gallais.

Source à l’adresse RT France