Pass sanitaire : Olivier Véran se refuse à évoquer tout calendrier pour sa suppression

Pour le ministre de la Santé, la question de la suppression du pass sanitaire ne se pose pas actuellement. Olivier Véran défend en outre la décision d’obliger les personnes âgées à recevoir un rappel de vaccin pour continuer à bénéficier de ce pass.

Le ministre  français de la Santé, Olivier Véran, s’est refusé le 10 novembre à évoquer tout calendrier de suppression du pass sanitaire, défendant la décision de contraindre les personnes âgées à recevoir un rappel de vaccin anti-Covid pour continuer à bénéficier de ce pass. «A quand la suppression du pass sanitaire ? Aujourd’hui nous faisons face à une recrudescence de l’épidémie et ce n’est certainement pas le moment de se poser la question», a déclaré le ministre devant les sénateurs, au lendemain de l’annonce d’un durcissement de ce pass et alors que le Parlement a récemment voté la possibilité pour les autorités de recourir à ce dispositif jusqu’en juillet 2022.

Emmanuel Macron a annoncé le 9 novembre qu’à partir de la mi-décembre, les plus de 65 ans devront justifier d’un rappel de vaccin anti-Covid, généralement qualifié de «troisième dose», pour continuer à utiliser le pass. La campagne de rappel sera par ailleurs bientôt élargie à tous les Français de plus de 50 ans. Ce rappel est proposé depuis septembre aux plus âgés pour compenser la perte d’efficacité des vaccins constatée au fil du temps. Les personnes à risque, obèses, diabétiques et les soignants y ont aussi droit, mais ne sont pas concernés par le durcissement du pass.

Cette nouvelle contrainte était souhaitée par plusieurs épidémiologistes, mais elle fait aussi l’objet de critiques d’une partie du monde médical et politique. L’Académie de médecine s’était ainsi opposée fin octobre à un durcissement pour les plus de 65 ans, arguant qu’une telle contrainte serait discriminante et outrepasserait les rôles initialement dévolus au pass : inciter les non-vaccinés à franchir le pas, et limiter la transmission du virus.

Olivier Véran s’est inscrit le 10 novembre en faux contre ce dernier point. Selon lui, le durcissement du pass est susceptible de limiter les contaminations en évitant à des personnes âgées insuffisamment immunisées de propager le virus. «La logique [du] pass sanitaire, c’est quoi ? C’est que, lorsque vous rentrez dans un lieu public avec du monde, notamment un lieu fermé, vous avez un moindre risque d’être contaminé vous-même et de contaminer les autres», a-t-il détaillé. «Si on considère qu’au bout d’un moment, la protection conférée par un vaccin est moins importante, il est logique du coup de restreindre l’accès au pass sanitaire», a-t-il conclu.

Baisse du niveau de protection des vaccins

Certains pays, comme le Royaume-Uni, ont observé un rebond épidémique après l’avoir supprimé, mais cet allègement était accompagné de la levée d’autres contraintes, rendant difficile d’établir un rapport de cause à effet.

Pour les personnes âgées de 50 à 64 ans, la vaccination en rappel commencera début décembre. Quant aux moins de 50 ans, «les études nous montreront si les niveaux de protection conférés par le vaccin déclinent aussi quand on est plus jeune ou non», a expliqué Olivier Véran sur TF1. «Si on voit que c’est le cas, on proposera le rappel», a-t-il ajouté.

Durant son entretien sur TF1, Olivier Véran a évoqué la hausse des contaminations et des hospitalisations liées au Covid-19 observée ces derniers jours en France. «A l’évidence, beaucoup de nos voisins sont dans une cinquième vague, qui peut parfois être plus dure que les précédentes», a estimé le ministre de la Santé, mettant en garde contre ce qui «ressemble clairement au début d’une cinquième vague».

Plus de 11 000 nouvelles contaminations au Covid-19 ont été enregistrées dans les dernières 24 heures, selon Santé publique France le 10 novembre, après 12 000 la veille, un niveau plus vu depuis début septembre.

Source à l’adresse RT France