«Vous les laissez mourir de froid ? » : Julien Odoul crée une polémique sur l’accueil des migrants

Dans un échange confus sur BFM, le porte-parole du RN, Julien Odoul, aurait, selon ses détracteurs, souhaité que l’on laisse les migrants mourir de froid à la frontière polonaise. Des propos qu’il a démentis, mais qui ont suscité la polémique.

La crise des migrants à la frontière de l’Union européenne entre la Pologne et la Biélorussie suscite de vives controverses. Le 11 novembre sur BFM TV, le porte-parole du Rassemblement national (RN), Julien Odoul, a d’abord expliqué que «le devoir de l’Europe» était de «protéger avec beaucoup d’humanité les peuples européens […] et de leur garantir un droit fondamental, le droit de rester eux-mêmes». «Il ne faut certainement pas ouvrir cette frontière [et] accueillir ces migrants dont beaucoup sont potentiellement dangereux», a-t-il ajouté.

Dans un début de brouhaha, le présentateur Olivier Truchot lui a demandé s’il fallait «laisser» ces migrants «mourir de froid derrière les barbelés». Julien Odoul répond rapidement à deux reprises : «Bien sûr que oui.»

«Nous avons affaire à une invasion», argumente le conseiller régional de Bourgogne Franche-Comté. Olivier Truchot répète sa question pour savoir si Julien Odoul avait bien saisi la portée de son propos. «Non, bien sûr, on ne les laisse pas mourir de froid, on les laisse en dehors des frontières de l’Europe», se reprend-il alors.

Une explication qui n’a pas convaincu certains de ses adversaires politiques. L’eurodéputé de La France insoumise, Manuel Bompard, constate que «ce n’est pas la première fois que Julien Odoul affiche son absence totale d’humanité». «La tactique politicienne ne justifie pas tout», poursuit-il.

La députée européenne dans le groupe macroniste (Renew), Fabienne Keller, présente lors du débat sur BFM TV face à Julien Odoul, a commenté a posteriori sur les réseaux sociaux, estimant avoir été «abasourdie» : «Ne restons pas silencieux face au cynisme des populistes», a-t-elle ainsi déclaré sur Twitter.

Rétorquant, Julien Odoul a pris la plume sur ce réseau social, rappelant que Fabienne Keller n’avait «pas réagi» alors qu’elle se trouvait en face de lui, sur le plateau de télévision. «Aucun hurlement. Pourquoi ?», questionne-t-il avant d’apporter son élément de réponse : «Peut-être parce que j’ai dit clairement qu’il ne fallait pas laisser mourir de froid les migrants mais les laisser en dehors des frontières européennes.» «Votre réveil est pitoyable», lui assène-t-il.

Alors que BFM TV a twitté en évoquant un «dérapage» de Julien Odoul, accusé de cautionner le fait qu’il fallait «laisser mourir de froid» les migrants, l’élu RN estime que «la vidéo est parfaitement claire» et que la chaîne propage une «fake news» : «A aucun moment je parle de laisser mourir de froid les migrants mais oui bien sûr de les laisser à la frontière.» Le présentateur Olivier Truchot lui répond et défend son média en ces termes : «Aucune fake news. Je vous pose trois fois la question. Vous dites oui, deux fois, et finalement non, la troisième fois. Pas besoin de nous menacer de porter plainte.» 

Dans une nouvelle réponse, Julien Odoul parle de «mensonge» de la part d’Olivier Truchot. « »Oui bien sûr »» était la réponse à « faut-il les laisser à l’extérieur » et je vous dis clairement et explicitement qu’il ne faut pas les laisser mourir de froid. Votre militantisme n’autorise pas toutes les manipulations», tente-t-il de justifier. 

Julien Odoul a reçu le soutien de l’eurodéputé du RN, Gilbert Collard, qui a demandé d’arrêter «cette hypocrisie médiatique» : «Ce n’est pas Julien Odoul qui laisse mourir de froid les migrants, c’est Alexandre Loukachenko ! Le dictateur biélorusse doit être traîné devant la Cour pénale internationale !»

Source à l’adresse RT France