Philippe Rémond, coureur du semi-marathon de Beaune et fumeur de havane

Épicurien dans l’âme, l’ambassadeur du semi-marathon de Beaune ne veut pas choisir entre cigare, plaisirs bachiques et course de fond. Il prend tout de front. Alors que d’autres se projettent dans leurs points retraite, Philippe Rémond est toujours aussi flamboyant. Et vote pour un marathon à Beaune dès l’an prochain !

On ne va pas remettre son palmarès sur le tapis. Philippe Rémond a tout connu ou presque de la gloire marathonienne. Un titre national, des victoires dans les plus grandes épreuves, surtout quand elles se passent au milieu des vignes comme à Bordeaux ou à Beaune. Il a entrainé les meilleurs de la nation, garçons et filles, durant de nombreuses années. Ce crack de la course de fond a longtemps tracé les 42,195 km de l’épreuve mythique de l’athlétisme dans la zone des 2 h 20. Et il en a encore sous la semelle.

« Phiphi » est un grand sentimental, avec la flamboyance des personnages à la Audiard et l’élégance naturelle d’un Bel-Ami décrit par Maupassant. À le voir comme ça, on pourrait déceler chez lui une certaine forme de nonchalance. Que nenni. Qu’il vente ou qu’il pleuve, peu importe ce qu’il a fait la veille, à bientôt soixante balais (il est du millésime 63 !), le beau gosse continue à courir chaque jour 15 à 25 bornes à un rythme d’adolescent. Même si l’un de ses péchés mignons demeure le H.Upmann magnum 54, l’un des plus grands cigares cubains, et que le vin et l’assiette font partie de sa vie.

Un cigare par jour

« Ce côté épicurien, non seulement je l’assume mais je le cultive plus que jamais, je fume un cigare tous les jours », confie le compétiteur qui, jusqu’en 2003, année de sa dernière participation aux mondiaux, ne s’était jamais autorisé ce genre de choses. La quarantaine venue, il a pris le bénéfice de ses dispositions physiques hors normes tout en développant les plaisirs d’une vie moins contrainte. En ce sens, le semi-marathon de Beaune a beaucoup compté dans sa vie et l’a aidé à prendre le grand virage.

« La perspective d’un marathon propulserait Beaune sur une nouvelle planète, comme Bordeaux. »

Gérard Guidot en personne l’avait embarqué dans l’aventure bourguignonne en 1996. « L’épreuve n’avait alors pas pour vocation à devenir internationale. » Quelques Kényans, pourtant, convoitaient déjà la prime au vainqueur. Sans pour autant lâcher le « semi », tout en se permettant de le gagner à la régulière, Philippe Rémond s’est découvert un rôle déterminant : maître incontestable des relations publiques, capable de rapprocher les sportifs de haut niveau et les partenaires. « Des VIP comme Denis Brogniart sont arrivés et la grille des prix a été considérablement modifiée. »

Mannequin aux cheveux argentés

En 2021, malgré un contexte mouvementé, le voilà de retour sur le devant de la scène de la Vente des Hospices. « J’ai toujours signé avec l’équipementier principal partenaire du semi-marathon, rappelle le coureur-fumeur de havane. Après le départ précipité de New Balance, cela s’est fait au pied levé cet été, avec Joma. » Toujours en capacité de finir parmi les meilleurs de l’épreuve beaunoise, Philippe a fait le deuil de sa carrière au plus haut niveau. 

Mais sa belle gueule et son empathie naturelle l’autorisent à briller dans les réseaux sportifs d’une toute autre manière. La marque Nike la première n’est pas dupe du potentiel de son protégé. « Après avoir été athlète pour elle, puis consultant, j’en suis devenu l’ambassadeur ! » Un ambassadeur qui prend naturellement plaisir à organiser des événements très huppés sur le théâtre de ses exploits passés, comme à Pauillac ou à Marrakech, entrainant la jet set des trails dans son sillage.

Comble de bonheur, une agence de publicité vient de lui proposer de porter les vêtements d’une grande marque italienne qui vise la catégorie des mâles d’aujourd’hui, « du type sylver, argentés donc, assez minces pour entrer dans leur coupe ».

Entre deux volutes d’un robusto bien roulé, Philippe Rémond se dit qu’une distance reste encore à franchir : « La perspective d’un marathon propulserait Beaune sur une nouvelle planète, comme Bordeaux. Avec l’équipe en place, nous avons tout pour relever ce défi. » Cela finira bien par arriver, soyons confiants. Après tout, il n’y a pas de fumée sans feu.

Source à l’adresse Dijon/Beaune, le mag