«Pourquoi c’est si choquant ?» : la ministre Elisabeth Moreno défend l’utilisation du pronom «iel»

La ministre déléguée à l’Egalité femmes-hommes a déclaré que l’emploi de ce pronom personnel «neutre» de la langue «inclusive» était «un progrès». Une position à rebours de celle du ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer.

Interrogée le 17 novembre sur France info, la ministre déléguée à l’Egalité femmes-hommes, à la Diversité et à l’Egalité des chances Elisabeth Moreno a réagi à l’inscription du pronom «non-genré» «iel» dans le dictionnaire Le Robert.

La ministre déléguée s’est interrogée en ces termes : «Potentiellement on peut dire « iel » parce que ça vient enrichir la langue et c’est un pronom neutre, pourquoi c’est si choquant ?» «En quoi est-ce que c’est idéologique ?», a poursuivi Elisabeth Moreno, avant d’analyser la situation : «On parle « d’idéologie LGBT+ », pourquoi ? Parce qu’on va vous faire croire que vous allez transformer quelqu’un qui aujourd’hui est hétérosexuel, vous allez le transformer en homosexuel […] C’est un progrès pour les personnes qui ont envie de se reconnaître dans ce pronom, et je ne vois pas ce que ça enlève à ceux qui n’ont pas envie de l’utiliser».

«Vous savez à qui vous allez expliquer ça ? A Jean-Michel Blanquer !», l’a alors interpelé le présentateur de l’émission, en faisant référence au tweet du ministre de l’Education nationale dans lequel il affirmait que l’écriture inclusive n’était pas «l’avenir de la langue française». «Je suis d’accord avec lui sur le fait que l’écriture inclusive peut parfois exclure alors même qu’elle cherche à inclure», a tempéré la ministre.

Le Petit Robert se défend de son initiative

La déclaration de Jean-Michel Blanquer faisait suite à la décision décriée du prestigieux dictionnaire Le Petit Robert d’intégrer dans sa version en ligne des pronoms personnels de la langue inclusive comme «iel», «iells», «iels» ou «ielles». Ces pronoms peuvent être employés, selon Le Petit Robert, pour «évoquer une personne quel que soit son genre». Scandalisé, le député de La République en marche (LREM) François Jolivet, avait lui décidé d’écrire à l’Académie française pour connaître sa position et avait reçu le soutien de Jean-Michel Blanquer. Pour le parlementaire, «cette orientation» est en effet «le stigmate de l’entrée dans notre langue de l’écriture dite « inclusive », sans doute précurseur de l’avènement de l’idéologie « woke », destructrices des valeurs qui sont les nôtres».

En mai, conformément aux annonces de Jean-Michel Blanquer, une circulaire était parue au Bulletin officiel afin de proscrire totalement l’écriture «inclusive». Le texte débute par cette citation des deux immortels de l’Académie française, Hélène Carrère d’Encausse et Marc Lambron : «L’écriture inclusive, si elle semble participer de ce mouvement [contre les discriminations], est non seulement contre-productive pour cette cause même, mais nuisible à la pratique et à l’intelligibilité de la langue française.»

Source à l’adresse RT France