Besançon : deux mosquées taguées avec des croix de Lorraine

Deux mosquées de Besançon ont été taguées dans la nuit du 19 au 20 novembre avec des croix de Lorraine. Les responsables locaux du culte musulman condamnent une attaque visant «à répandre la haine». Une enquête a été ouverte.

Deux mosquées de Besançon (Doubs) ont été taguées dans la nuit du 19 au 20 novembre avec des croix de Lorraine, un symbole du gaullisme et de la Résistance détourné pour l’occasion afin de délivrer un message antimusulmans, selon les responsables de ces lieux de culte.

«Le Centre culturel islamique de Franche-Comté (CCIFC) condamne avec force ces actes dont la seule finalité est de répandre la haine et le rejet de l’autre», a réagi dans un communiqué Khalid Jarmouni, le président du CCIFC qui gère la mosquée de Fontaine-Ecu, où six croix ont été tracées à la peinture rouge. En détournant ce symbole de la Résistance, les auteurs des tags entendent manifester leur volonté de «libérer le territoire des musulmans», a-t-il estimé auprès de l’AFP.

«C’est oublier que la France a aussi été libérée par des musulmans, et que cette croix est emblématique aussi pour les musulmans français», a déploré Khalid Jarmouni, évoquant notamment le cimetière de Saint-Claude à Besançon, où sont enterrés «près de 1 000 soldats musulmans» morts au combat pendant la Seconde Guerre mondiale.

Tahar Belhadj, porte-parole de la mosquée Es-Sounna, également visée par des dégradations, a lui aussi condamné ces actes «islamophobes». «Ces actes sont une conséquence de la campagne électorale (présidentielle) qui attaque l’islam», a-t-il estimé. «C’est toujours comme ça à la veille de l’élection présidentielle, on utilise l’islam comme bouc émissaire», selon lui.

Les deux responsables associatifs ont fait part de leur intention de porter plainte. Le parquet de Besançon a annoncé qu’une enquête préliminaire avait été ouverte. Un officier de police judiciaire et un technicien d’investigation criminelle se sont rendus sur place dans la matinée du 20 novembre.

Ce n’est pas la première fois que la mosquée Es-Sounna fait l’objet d’actes antimusulmans. En 2013, une tête et des oreilles de porc avaient été déposées devant le portail, alors que des croix gammées et l’inscription «vive le FN» avaient été tracées à la peinture noire sur le mur d’enceinte.  

Source à l’adresse RT France