Un «twerk» collectif organisé lors de la manifestation féministe #NousToutes fait polémique

Une danse pour «s’empouvoirer» ? Un tweet publié par une journaliste du Monde dans lequel on peut voir un collectif de jeunes femmes «twerker» en marge de la manifestation féministe fait beaucoup parler sur les réseaux sociaux.

Une vidéo d’une journaliste du Monde qui couvrait la Manifestation organisée à Paris le 20 novembre contre les violences sexuelles à l’appel du Collectif #NousToutes fait polémique sur les réseaux sociaux. La vidéo qui a été visionnée plus d’un million de fois montre un collectif de jeunes femmes organisant une action de «flashmob» (performance visuelle collective) en marge de la manifestation place de la République. Les jeunes femmes peu vêtues en dépit du froid ont effectué un «twerk», c’est-à-dire une danse sensuelle où la danseuse secoue hanches et fesses de manière frénétique.

Sur son compte Twitter, la journaliste du Monde, Cécile Bouanchaud, a partagé les images du flashmob en question. La journaliste y affirme que le collectif «Booty Therapy», à l’initiative de la performance, avait pour but de montrer que le twerk «n’est pas une danse de “putes”, mais une façon de se réapproprier son corps et de s’empouvoirer (sic)».

Une analyse rejetée par Maïmouna Coulibaly, la présidente du collectif Booty Therapy. Pour cette dernière, ces propos «ne sont pas représentatifs de notre état d’esprit, de nos revendications et de nos convictions».

Dans un autre tweet, Maïmouna Coulibaly a remis en question l’éthique de la journaliste du Monde. «Colporter des propos inventés de toutes pièces pour faire le buzz est tout bonnement honteux et témoigne d’un manquement de déontologie», a-t-elle lancé. Pour la fondatrice du collectif, la représentation visait à désexualiser le corps féminin. «Les fesses et le bassin sont des parties du corps comme les autres», a-t-elle ajouté.

Quoi qu’il en soit, cette danse a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Si certaines personnes saluent le flashmob, d’autres se montrent plus critiques du collectif, estimant que – contrairement à son objectif affiché – ce type de performance ne fait que renforcer le sexisme et «l’objectification» des femmes.

Et c’est par ailleurs l’utilisation du verbe «empouvoirer», tentative de traduction française du terme américain «to empower» par la journaliste du Monde, qui a suscité les moqueries de plusieurs personnalités médiatiques françaises.

C’est ainsi que Gilles-William Goldnadel, le président de la section française d’Avocats Sans Frontières a ironisé : «Ielles ne m’excitent guère, mais ielles s’empouvoirent intellectuellement de manière impressionnante.»

Quant à l’écrivain Laurent Obertone, il a tenu à saluer la performance à sa façon. «Collectif féministe 2021. Ça s’empouvoire grave», a-t-il affirmé.

Source à l’adresse RT France