Dijon-Valmy : une impressionnante centrale photovoltaïque sur l’ex-décharge

Le parc photovoltaïque de Dijon-Valmy a poussé en quelques mois sur un ancien centre d’enfouissement technique de déchets inertes. Ces 43 000 panneaux aux portes de la ville permettront d’alimenter 8 000 habitants à l’année.

Environ 23 terrains de foot : aux portes de Dijon, l’ensemble photovoltaïque ne se laisse pourtant pas voir. © EDF Renouvelables

Invisible depuis la route de Langres qui passe juste à côté, à peine perceptible depuis un tronçon de la Lino Nord, la centrale photovoltaïque qui a vu le jour sur une butte dominant la station de tram et le parking relais Valmy n’a pourtant rien d’un mirage. 

Après un chantier express débuté en mars, qui a mobilisé jusqu’à une centaine de personnes, la centrale solaire est déjà opérationnelle depuis mi-octobre. Cette mise en service discrète, à l’image du silence du solaire (ici point de bruits de pâles ni de mâts disgracieux), cache pourtant un projet tout à fait remarquable, fruit d’une convention « Ville intelligente » entre les équipes de Dijon Métropole et d’EDF Renouvelables.

La centrale solaire de Dijon-Valmy s’étend en effet sur pas moins de 16 ha, l’équivalent d’environ 23 terrains de football sur lesquels 43 000 panneaux solaires fabriqués en Isère produiront de l’électricité renouvelable répondant aux besoins de 8 000 habitants, soit 5% de la population dijonnaise.

Aucun ouvrage enterré

Initié en 2017, le projet de centrale photovoltaïque se situe sur l’ancien centre d’enfouissement technique (CET) des déchets de la ville. Y étaient stockés des gravats et des résidus de chantiers de construction. Fermé en 2018, ce CET a été réhabilité par Dijon Métropole au cours de l’été 2020. Sur cet ancien dôme de déchets inertes recouvert d’une couche d’argile, puis de 30 cm de terre végétale, les contraintes techniques étaient nombreuses.

Pour ne pas avoir à creuser cette couche protectrice, des méthodes bien spécifiques ont été utilisées : plutôt qu’être enterrés, les piétements des panneaux solaires ont été lestés sur des fondations de type gabions (des coffres en béton remplis de pierres) directement posés au sol. Une première en France. Par ailleurs, des plaques de roulage ont été systématiquement utilisées pour soutenir les véhicules de chantier, des engins légers sur chenilles spécialement prévus pour l’occasion.   

Portée par EDF Renouvelables, la centrale photovoltaïque de Dijon-Valmy est unique en son genre. Elle entend participer à la décarbonation de la métropole. © EDF Renouvelables

Vert et vertueux

Fier de cette première centrale photovoltaïque à Dijon, qui semble réconcilier environnement urbain et énergies renouvelables tout en réhabilitant un site voué à la friche sans toucher aux terres agricoles, le maire François Rebsamen rappelait lors de l’inauguration que « la lutte contre le réchauffement climatique n’est pas une passade, c’est une obligation ».

Et de joindre le geste à la parole avec le lancement de cette centrale solaire permettant de renforcer le mix énergétique de l’agglomération. En attendant l’usine de méthanisation des boues prévue en 2023, le parc photovoltaïque apportera sa part d’électricité verte à la station de production d’hydrogène vert qui devrait alimenter dès l’été 2022 les premières bennes à ordures adaptées, en complément de l’énergie renouvelable déjà produite par l’usine d’incinération des ordures ménagères. Dans la métropole dijonnaise, le cercle vertueux de la transition écologique est en marche.  

Source à l’adresse Dijon/Beaune, le mag