Antilles : couvre-feu prolongé en Guadeloupe, démantèlement de barrages en Martinique

Le couvre-feu est prolongé en Guadeloupe jusqu’au 7 décembre sur certaines communes en raison de la poursuite des troubles et des barrages qui bloquent l’archipel, comme en Martinique, où la gendarmerie a mené une grande opération de démantèlement.

Le préfet de Guadeloupe Alexandre Rochatte a décidé le 2 décembre de proroger le couvre-feu sur l’île du fait de «la poursuite des troubles à l’ordre public dans certaines communes», peut-on lire dans un communiqué daté du jour-même, cité par l’AFP. Le texte fait notamment état de «l’interpellation d’individus armés, la persistance de rassemblements destinés à barrer les axes de circulation [ou encore] d’incendies de barrages».

L’interdiction de sortir restera donc effective entre 18h et 5h jusqu’au 7 décembre, sur 21 communes, dont Pointe-à-Pitre, précise le communiqué.

Deux îles sous haute surveillance

La Guadeloupe et la Martinique connaissent un fort mouvement social, né du refus de l’obligation vaccinale pour soignants et pompiers et qui s’est étendue à des revendications politiques et sociales, notamment contre la vie chère, occasionnant violences, pillages et incendies. Les deux îles sont placées sous couvre-feu.

Les élus guadeloupéens ont de leur côté rencontré pendant quatre heures «le collectif des organisations en lutte» pour tenter de sortir de la crise, mais la réunion a surtout abouti à redemander une nouvelle fois «la venue d’une mission interministérielle permettant d’obtenir des engagements fermes sur les points relevant de la compétence de l’Etat ou nécessitant son implication renforcée».

Les négociations avec Sébastien Lecornu, arrivé en Guadeloupe pour une visite express le 29 novembre, avaient tourné court en raison du refus des syndicats de condamner les «tentatives d’assassinat contre des policiers et des gendarmes». 

En Martinique, le ministre a promis d’ouvrir les discussions sur «l’adaptation des modalités d’application de la loi sur l’obligation vaccinale», déjà reportée du 15 novembre au 31 décembre.

Le 2 décembre encore, la gendarmerie nationale a lancé sur l’île une grande opération de démantèlement de tous les blocages de ronds-points. Déjà dans la nuit précédente, gendarmes et police nationale étaient intervenus sur les sites de Mahault et de la Brasserie Lorraine, au Lamentin, donnant aux lieux des allures de guerrilla urbaine. 

Selon la gendarmerie, plusieurs déblocages de ronds-points se sont cependant déroulés dans le calme, notamment celui de Fond-Lahaye, situé sur la commune de Schoelcher, qui coupaient les 20 000 habitants du Nord-Caraïbe du reste de l’île ou encore celui de Rivière-Pilote dans le sud. 

Source à l’adresse RT France