Des cours de «sociologie de la race» proposés sur un campus de Sciences Po

Les étudiants de deuxième année du campus de Poitiers peuvent suivre un cours portant notamment sur «la blanchité dans l’hégémonie raciale» et sur «les principes du constructivisme racial». Sciences Po parle de «pluralisme dans les enseignements».

«Les principes du constructivisme racial», «Décrire la race? Une approche qualitative de la racialisation», «Race, nation, colonialité», «Intersections : genre et sexualité dans les constructions raciales» ou «La blanchité dans l’hégémonie raciale». Voici les différents thèmes étudiés dans le cadre d’un cours de «sociologie de la race», proposé aux étudiants du campus de Poitiers de Sciences Po.

Le module, optionnel, est disponible au second semestre pour les étudiants de deuxième année, comme l’a repéré ce 13 décembre Le Figaro. «Ce cours est pensé comme une introduction à un champ de la sociologie en plein développement en France. […] Comment utiliser un concept aussi problématique que celui de « race » ? (…) Comment et pourquoi mesurer la race dans les enquêtes et, surtout, comment rendre compte des inégalités qu’elle produit ? L’enjeu de ce cours est d’offrir aux étudiant.es une première introduction sociologique au champ des études sur la race», est-il expliqué sur le site de Sciences Po, écriture inclusive comprise.

Le cours, qui s’étend sur 12 séances, est assuré par la sociologue Solène Brun, coordinatrice scientifique à l’Institut Convergences Migrations et auteur en 2019 d’une thèse sur le «trouble dans la race : construction et négociations de frontières raciales dans deux types de familles mixtes en France».

On a plutôt l’habitude de voir ce genre de débat aux Etats-Unis

L’intitulé et le contenu supposé du module ont fait réagir Quentin Coton, responsable de l’Union nationale interuniversitaire (UNI, classé à droite) à Sciences Po. Auprès du Figaro, il a expliqué avoir été «étonné de découvrir le mot « race » dans un intitulé de cours», estimant que «cette terminologie dérange». «On a plutôt l’habitude de voir ce genre de débat aux Etats-Unis. Mais en France, on n’entend plus cette notion de « race » depuis des décennies. On le sait : les noirs et les blancs sont égaux. Les termes utilisés dans la présentation du cours tendent vers des idées que la France rejette», a-t-il développé.

«Sciences Po ne se cache même plus d’être un supplétif de ce qui se fait de pire dans les universités américaines», a écrit son syndicat sur Twitter, demandant à l’établissement de «mettre fin à la légitimation et l’institutionnalisation d’objets militants, venus de l’extrême gauche, qui n’ont pas leur place dans une université».

Sciences Po a pour sa part assumé la présence de ce cours parmi les modules optionnels. «Nous comprenons que le sujet puisse faire réagir les étudiants. Mais l’université a pour rôle de s’intéresser à ce concept dans une approche comparative. Le terme de « race » est bel et bien utilisé en sociologie. Nous voulons un pluralisme dans les enseignements et nous y veillons», a déclaré la communication de l’établissement au Figaro.

Source à l’adresse RT France