La BCE n’épongera pas éternellement les déficits des Etats pour le gouverneur de la Banque de France

« Invité sur BFM Business, le gouverneur de la Banque de France rappelle qu’après la période exceptionnelle de crise, la BCE n’aura plus pour vocation de soutenir les finances publiques des Etats.
La fin de l’urgence économique. Ce jeudi, la Banque centrale européenne a annoncé qu’elle mettrait fin à son programme de rachats d’actifs et de dette d’ici la fin mars.

Les achats nets de dette dans le cadre de son programme d’achat d’urgence contre la pandémie (PEPP), forts de 1 850 milliards d’euros, seront encore réduits au premier trimestre 2022 et expireront comme prévu fin mars.

Pour le gouverneur de la Banque de France invité sur BFM Business, c’est en quelque sorte la fin du « quoi qu’il en coûte » européen ».

Mais cette fin, pourrait connaître un léger contre-temps appelé Omicron, car si l’on en croit l’exemple des Pays-Bas qui viennent de décréter un nouveau confinement au moment où l’activité économique est la plus intense pour de très nombreux secteurs, il va sans doute falloir que la BCE continue à acheter quelques obligations d’Etats quoi qu’en pense le Sieur Villeroy !

« Les soutiens de la BCE étaient exceptionnels et n’avaient pas pour objectif de se pérenniser au-delà de la situation d’urgence économique, rappelle François Villeroy de Galhau.

« Face au choc Covid il y avait une menace déflationniste, c’est à dire une inflation beaucoup trop basse et même négative c’était ça la grande crainte l’année dernière, rappelle-t-il. On a eu une politique monétaire très active qui incluait divers éléments dont des achats d’actifs. Mais c’est un moyen ce n’est jamais le but. C’est pour ça qu’il faut s’occuper de la dette et des déficits pour l’avenir car la Banque Centrale ne sera pas là en permanence pour éponger les déficits, ça lui est même interdit par les traités. »

Mon petit doigt me dit que ce qu’il se passe aux Pays-Bas pourrait bien préfigurer ce qui va se passer dans les prochaines semaines dans le reste de l’Europe.

Il faudra bien que la BCE aide les pays à passer la vague « terrible » d’Omicron…

Charles SANNAT

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