Covid-19 : des actionnaires de Moderna interpellent le laboratoire sur son manque de transparence

Un collectif d’actionnaires britanniques a demandé à Moderna de faire preuve de davantage de transparence sur la façon dont il établit le prix de son vaccin Spikevax et souhaite que le laboratoire partage la paternité de son brevet.

Selon le Financial Times, le gestionnaire d’actif Legal & general investment management (LGIM), basé à Londres, et actionnaire de Moderna, demande au géant pharmaceutique davantage de transparence sur «l’accès à ses produits» ainsi que «l’établissement des prix» de son vaccin Spikevax. 

LGIM souhaite notamment obtenir plus de précisions sur le rôle joué par les subventions du gouvernement américain dans la mise au point de Spikevax. Selon le Financial Times, au total, Moderna aurait reçu 2,5 milliards de dollars des Etats-Unis pour l’aider à élaborer son vaccin. Or d’après LGIM, ces fonds publics contraignent le laboratoire à faire preuve de plus de transparence envers ses actionnaires. Le 17 décembre, le gestionnaire d’actif a d’ailleurs envoyé une requête en ce sens auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers.

Dans sa requête, LGIM affirme ainsi avoir demandé au laboratoire de confirmer si «le soutien financier du gouvernement [américain] pour le développement et la fabrication d’un vaccin contre le Covid-19 est ou sera pris en compte lors des décisions affectant l’accès au produit, telles que l’établissement des prix».

LGIM se montre également critique de la stratégie de distribution du vaccin auprès des pays en voie de développement. Le gestionnaire d’actif déplore le fait que le laboratoire n’ait principalement expédié son vaccin que dans les pays riches, sans transférer sa technologie aux pays moins fortunés. «L’accès universel et à faible coût aux vaccins est essentiel pour sauver des vies, stabiliser la économique et prévenir les épidémies domestiques. En septembre 2021, Moderna avait expédié 88% de ses doses vers les pays à revenu intermédiaire supérieur», déplore LGIM. 

L’ONG Oxfam avait déjà interpellé Moderna et Pfizer sur cette question. L’organisation humanitaire a également mis en ligne plusieurs pétitions pour que les deux géants pharmaceutiques partagent la technologie de leur vaccin. 

La paternité du brevet remise en question 

La paternité du vaccin de Moderna est également remise en cause. En effet, le laboratoire a développé son Spikevax en collaboration avec l’agence des instituts nationaux de santé des Etats-Unis (NIH). Or, cette dernière estime que plusieurs de ses chercheurs ont participé à sa mise au point. Par conséquent, selon l’agence américaine, la paternité du brevet devrait être partagée entre Moderna et le NIH.

D’après le Financial Times et The Irish TimesModerna a vertement réfuté les affirmations de la NIH émises devant le Bureau des brevets et des marques américain en juillet dernier. Le laboratoire s’oppose également à l’ensemble des demandes de LGIM formulées auprès de la SEC et demande à cette dernière de bloquer la proposition du gestionnaire d’actif. Le laboratoire a également annoncé son intention de publier d’ici le 15 février des informations supplémentaires sur la façon dont est établi le prix de son vaccin.

Source à l’adresse RT France