Pass vaccinal : Jean Castex condamne les «violences inacceptables» contre les élus de la majorité

Le Premier ministre Jean Castex a fermement condamné les «actes ignobles» dont les élus de la majorité font l’objet depuis plusieurs jours, alors que le projet de loi créant le pass vaccinal est examiné par l’Assemblée nationale depuis le 3 janvier.

Le Premier ministre Jean Castex a qualifié le 4 janvier de «violences inacceptables» la multiplication des agressions et des menaces de mort visant des élus avant le débat à l’Assemblée nationale sur le pass vaccinal, promettant de punir ces «actes ignobles». 

«Toute violence est inacceptable dans une société démocratique», a affirmé Jean Castex en réponse à une question du député LREM de l’Oise Pascal Bois, dont le véhicule a été incendié à son domicile la semaine dernière.

«Mais s’agissant de dépositaires de l’autorité publique, de dépositaires du suffrage universel, alors le recours à la violence, c’est la démocratie, le pacte républicain qu’il vient menacer», a-t-il souligné. «Il n’y a pas d’autre voie que la répression face à ces actes ignobles», a ajouté le chef du gouvernement.

Les agressions et menaces de mort se sont multipliées ces dernières semaines, principalement à l’encontre de députés de la majorité qui doit approuver cette semaine la transformation du pass sanitaire en pass vaccinal. Au cours des derniers jours, plusieurs d’entre eux ont publié sur les réseaux sociaux les menaces de mort qu’ils ont reçues, jusqu’à celle de «décapitation sur la place publique», et annoncé leur intention de porter plainte.

Deux députées Modem des Pyrénées-Atlantiques, Florence Lasserre et Josy Poueyto, ont ainsi fait savoir le 4 janvier qu’elles avaient reçu «plusieurs menaces de mort [envoyées] depuis la semaine dernière» sur leur adresse électronique de députées, a précisé à l’AFP Florence Lasserre, sans en donner explicitement les détails. Ces messages «liés aux lois et au pass [sanitaire]» évoqueraient d’après l’entourage de Josy Poueyto «des armes et des balles actuellement sur le marché [et] une liste de députés à viser».

Dans le même département, un troisième parlementaire Modem, Jean-Paul Mattei, a également indiqué le 4 janvier à La République des Pyrénées avoir fait l’objet de menaces de mort dans un message adressé à un groupe de députés.

Les élus de la majorité demandent une «condamnation unanime» de tweets comme celui du candidat pro-Frexit à la présidentielle Florian Philippot qui a promis de «communiquer abondamment sur les noms des coupables», en d’autres termes les députés qui approuveront le pass sanitaire.

Face à ces menaces, le président (LREM) de l’Assemblée nationale Richard Ferrand doit faire un «point précis» en janvier avec les ministres de l’Intérieur Gérald Darmanin et de la Justice Eric Dupond-Moretti. La date n’est pas encore fixée. Une référente a été désignée fin novembre au sein des services de l’Assemblée nationale pour «recueillir les signalements», mais aussi «conseiller» les élus.

Toutefois les agressions ne se limitent pas aux députés : fin novembre, la voiture du maire LR de Briançon, Arnaud Murgia, a été incendiée. Le président de l’Association des maires de France (AMF) David Lisnard avait alors fait un «constat indéniable : il y a une augmentation des agressions contre les maires ou leurs adjoints, qu’elles soient physiques, verbales ou psychologiques». Le président de l’AMF doit lui aussi rencontrer prochainement Eric Dupond-Moretti.

Source à l’adresse RT France