Caddie placée en redressement judiciaire.

Caddie et ses chariots ont sept semaines pour trouver un repreneur…

Si notre Caddie nous coûte de plus en plus cher avec l’inflation, les affaires, elles, vont mal pour l’entreprise Caddie pourtant symbolique de la grande distribution.

« En cessation de paiement, l’entreprise Caddie, dont le nom est devenu synonyme du chariot de supermarché, a été placée en redressement judiciaire avec sept semaines pour trouver un repreneur et sauver ses 140 emplois.

« Le tribunal met la société en redressement judiciaire (…) et il renvoie l’affaire au 22 février, espérant avoir pour cette date une solution avec un repreneur pour la société Caddie », a indiqué le président de l’entreprise Stéphane Dedieu, à l’issue de l’audience à huis clos qui s’est tenue devant la chambre commerciale du tribunal judiciaire de Saverne (Bas-Rhin).

« Nous sommes pressés par le temps parce que la société a besoin de trésorerie pour continuer, donc c’est important que le processus soit rapide », a ajouté celui qui, entré chez Caddie au début des années 1990 comme vendeur, a repris l’entreprise en 2014 après un précédent redressement judiciaire.

« Actuellement je n’ai pas de piste, mais la procédure commence tout juste », a reconnu Stéphane Dedieu, appelant de ses vœux un repreneur « industriel » pour ce marché de niche et vantant « une belle marque, de beaux produits et des collaborateurs impliqués ».

« L’objectif est de retrouver un repreneur le plus vite possible parce que l’état de la société est vraiment catastrophique. L’objectif est de maintenir l’emploi le plus longtemps possible », a insisté l’avocat du CSE, Me Hervé Bertrand, évoquant sept millions d’euros de dettes rien qu’auprès des fournisseurs. « On espère que ce ne sera pas trop court et que les salariés ne vivront pas une nouvelle déception », a-t-il ajouté.

« Tout ça a commencé peu ou prou au moment du Covid, on a eu une forte baisse de chiffre d’affaires, ensuite on a eu plein de situations néfastes liées au Covid, notamment difficultés d’approvisionnement, arrêts de production, augmentation des coûts de matières qui ont été multipliés par deux ou par trois », a expliqué M. Dedieu.

« On a des commandes, c’est ça le paradoxe, c’est un manque de trésorerie qui nous oblige à passer par la case tribunal », a-t-il ajouté, évoquant un carnet de commandes de 6,8 millions d’euros correspondant à plusieurs mois de production.

Les syndicats CFTC et CFDT ont eux plutôt considéré qu’il y avait eu une « gestion pour le moins hasardeuse » des fonds de soutien de l’Etat versés pendant la pandémie, qui auraient dû permettre de maintenir l’entreprise à flot, ce que conteste le président de la société, dont le nom complet est « Les Ateliers réunis Caddie ».

Le nom déposé en 1959, Caddie, dont les origines industrielles et alsaciennes remontent à 1928, est devenu un nom courant avec l’essor de la société de consommation, indissociable du chariot métallique pour les grandes surfaces.

Le nom Caddie a été déposé en 1959, et les origines industrielles de cette entreprise sont alsaciennes et remontent à 1928 ! Le caddie est intimement lié à la société de consommation et à la grande distribution.

J’ai l’impression d’y voir presque un mauvais présage pour toute la grande distribution.

La fin des caddies, n’est-elle pas annonciatrice de la fin des grands supermarchés ?

Charles SANNAT

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