Mali : les militaires proposent un délai de cinq ans pour rendre le pouvoir aux civils

Les militaires au pouvoir au Mali ont proposé à la Cédéao un nouveau calendrier de transition démocratique sur cinq ans, à compter de janvier 2022, contre les 18 mois initialement prévus. La Cédéao pourrait leur imposer de nouvelles sanctions.

Les militaires au pouvoir au Mali ont soumis le 8 janvier à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) une nouvelle proposition de calendrier pour rendre le pouvoir aux civils, à la veille d’un sommet lourd d’enjeux de cette organisation, a indiqué le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop. Les militaires demandaient initialement jusqu’à cinq ans, un délai a priori inacceptable pour la Cédéao. Celle-ci tient le 9 janvier un sommet extraordinaire à Accra, avec l’éventualité d’imposer de nouvelles sanctions au Mali.

Une nouvelle proposition soumise à la Cédéao

Le chef de la diplomatie et le porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga, se sont rendus le 8 janvier à Accra pour soumettre une nouvelle proposition au président en exercice de la Cédéao, le chef de l’Etat ghanéen Nana Akufo-Addo, a rapporté la télévision d’Etat.

Le ministre des Affaires étrangères a rapporté que le médiateur de la Cédéao, Goodluck Jonathan, en mission au Mali au cours de la semaine, avait demandé aux militaires de réexaminer la proposition d’une transition pouvant s’étendre sur cinq ans à compter du 1er janvier 2022.

«C’est dans ce cadre que le président de la transition [le colonel Assimi Goïta], soucieux de maintenir le dialogue et une bonne coopération avec la Cédéao, nous a dépêchés auprès de son frère [le président ghanéen] avec une nouvelle proposition à soumettre à la Cédéao», a-t-il déclaré à la télévision nationale. Il n’a pas précisé la nouvelle durée de la transition proposée par les militaires.

Le Mali, pays pauvre et enclavé au cœur du Sahel, a été le théâtre de deux coups d’Etat militaires en août 2020 et en mai 2021. La crise politique va de pair avec une grave crise sécuritaire depuis 2012 et le déclenchement d’insurrections indépendantistes et djihadistes dans le nord. La Cédéao avait obtenu des autorités issues du putsch d’août 2020 l’engagement qu’elles rendraient le pouvoir à des civils élus au bout de 18 mois. Les autorités affirment aujourd’hui ne pas être en mesure de respecter cet engagement.

Source à l’adresse RT France