Ces pays qui ont ouvert en urgence des hôpitaux face à la pandémie de Covid-19

De part et d’autre du globe, des infrastructures hospitalières ont jailli du sol face à l’urgence d’une crise sanitaire inédite. En pleine pandémie mondiale, certaines de ces constructions ont été réalisées en un temps record.

La pandémie de Covid-19 a constitué un véritable test de réactivité pour les pays qu’elle a touchés, menacés par un engorgement de leur parc hospitalier. Si certaines initiatives ont permis d’apporter une réponse temporaire dans l’urgence – comme la mise en place de structures provisoires –, des projets structurels ont vu le jour en un temps record. RT France s’est penché sur ce phénomène, à travers quelques exemples.

Construction éclair d’hôpitaux en Chine

Début 2020, dans la foulée de l’apparition des premiers cas de coronavirus sur son sol, la Chine est décriée sur la scène politico-médiatique occidentale : tantôt pour la mise en place de «quarantaines draconiennes» autour de ses foyers épidémiques, tantôt pour sa présumée «lenteur extrême à réagir». Cependant, le pays est le premier à s’illustrer dans la construction éclair d’infrastructures hospitalières, visant à optimiser ses capacités d’accueil face à une potentielle multiplication des contaminations.

Au mois de février 2020, à Wuhan (foyer initial de l’épidémie), deux hôpitaux fleurissent en l’espace d’une dizaine de jours, avec une capacité cumulée de 2 600 lits et ce, simultanément à la réquisition de gymnases et autres infrastructures temporairement utilisées pour l’accueil de patients. Si ces efforts ont parfois été accompagnés de couacs médiatisés en Occident, ils s’inscrivent dans une stratégie ayant permis à la Chine de développer une résilience singulière face à la crise sanitaire, en comparaison aux autres pays frappés par la pandémie. «Sur un million d’habitants, le Covid a causé la mort de 911 Belges, de 668 Américains et de 3,5 Chinois», peut-on par exemple lire dans les colonnes du Figaro, fin 2020, un calcul s’appuyant sur les chiffres officiels chinois.

Espagne : un centre de soins mis en place en 18 heures et «un hôpital des pandémies»

Alors que le premier trimestre de l’année 2020 touche à sa fin, l’Espagne est le deuxième Etat européen le plus touché par la pandémie, après l’Italie. En mars, le pays met en place en un temps record (18 heures) un centre de soins d’urgence dans la capitale. «Installé dans trois pavillons de la foire commerciale de Madrid, l’établissement d’urgence regroupe 1 300 lits avec chacun sa bouteille d’oxygène», rapporte par exemple RTL à l’époque. «120 médecins et 200 infirmiers volontaires sont sur le pont […]. Non loin, le matériel sanitaire [masques, combinaisons, respirateurs] est stocké par l’armée, qui a aidé à mettre sur place les infrastructures médicales», décrit encore la radio à propos de cet hôpital de campagne (provisoire).

En outre, dans les mois qui suivent, alors que se profile une inquiétante nouvelle vague de contaminations au coronavirus pour la fin de l’année, Madrid mobilise un millier d’ouvriers du bâtiment pour la construction du «premier « hôpital des pandémies » d’Espagne», tel qu’alors décrit par la chaîne d’informations en continu France 24.

Après 100 jours de travaux, l’établissement est inauguré le 1er décembre 2020 à l’occasion de son ouverture partielle. «Seuls 240 lits de ce grand complexe de 80 000 mètres carrés devraient être disponibles dans un premier temps», peut-on à ce moment lire dans Les Echos. Sur place, le projet s’accompagne de polémiques, en partie liées au manque de personnel volontaire pour y travailler. Situé aux environs de l’aéroport international de la capitale, l’établissement aurait coûté entre 100 et 150 millions d’euros, selon un reportage de CNews sur le sujet.

Un hôpital surgit du sol près de Moscou

Nous sommes en avril 2020. Alors que le nombre de cas de Covid-19 augmente à Moscou, les hôpitaux font face à un afflux exceptionnel de patients, des files d’ambulances ayant été aperçues à l’entrée de certains établissements. C’est dans ce contexte qu’en à peine un mois, surgit de terre dans les environs de Moscou un hôpital en mesure d’accueillir jusqu’à 900 patients. Entre autres caractéristiques, l’établissement, qui comprend 50 bâtiments annexes, dont des dortoirs, prévoit que chaque lit puisse se transformer en unité de soins intensifs.

«Le bâtiment a été construit en un temps record, mais à la différence des unités préfabriquées construites en Chine, l’hôpital pourra continuer à servir après que l’épidémie actuelle de coronavirus aura été vaincue», rapporte à l’époque RFI.

Des travaux pour un renouvellement du parc hospitalier turc

La construction de 17 hôpitaux en Turquie, sur toute l’année 2020, a permis d’augmenter la capacité d’accueil du système de santé national de 12 350 lits, rapporte en janvier 2021 l’agence de presse Anadolu dans une infographie conçue sur le sujet.

Au cours de la même période, dans le cadre des mesures prises face à l’épidémie de Covid-19, Anadolu fait état d’une augmentation de plus de «3 400 lits de soins intensifs» dans tout le pays.

L’agence de presse turque précise en outre que si elles ont été achevées en période de pandémie, les constructions en question s’inscrivent dans le cadre du programme de «transformation de la santé» qui a commencé à être mis en œuvre dans le pays en 2003. 

Il est à noter que cette augmentation des capacités hospitalières de la Turquie a donné lieu à de multiples critiques pointant la fermeture d’autres établissements de santé sur le territoire.

Augmentation du nombre de lits au Canada

Au-delà de ces constructions qui ont vu le jour dans un contexte inédit de pandémie mondiale, il convient de souligner que chaque pays a été amené à adapter l’aménagement de son parc hospitalier existant, notamment sur le plan organisationnel. Certaines décisions ont d’ailleurs été à l’origine de vives critiques, comme en témoignent les déprogrammations de soins jugés non urgents pour donner la priorité à l’afflux de patients lié à la pandémie.

La disponibilité des lits d’hôpitaux (en premier lieu dans les services de soins intensifs) constitue un élément crucial des politiques sanitaires dans le contexte du Covid. «600 comtés américains sont à pleine capacité, sans aucun lit d’hôpital disponible. On prévoit que 476 autres comtés atteindront cette capacité dans les sept prochains jours. Les conséquences de cette crise se font déjà sentir», pointait par exemple à ce sujet le magazine américain Fortune, récemment. 

Au Canada, le gouvernement de l’Ontario a de son côté récemment annoncé la mise en place d’un programme visant à déployer dans la province des infirmières et infirmiers formés à l’étranger, expliquant avoir significativement augmenté le nombre de lits d’hôpitaux depuis le début de la crise. Au Royaume-Uni, le système de santé travaille pour sa part à augmenter le nombre de lits disponibles en construisant des structures provisoires intégrées à au moins huit hôpitaux du pays, chacune étant conçue pour accueillir «environ 100 patients supplémentaires». 

En France également, la question de l’évolution du nombre de lits d’hôpitaux s’est invitée à plusieurs reprises dans le débat public, une partie de l’opposition reprochant à l’exécutif la fermeture de milliers de lits depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron

Source à l’adresse RT France