Yvelines : un policier admet avoir menti dans une affaire de tir de LBD ayant blessé une fillette

Un policier impliqué dans un incident ayant donné lieu à un tir de LBD ayant possiblement blessé une fillette de cinq ans à Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines, en avril 2020 a reconnu avoir menti sur la manière dont se sont déroulés les faits.

D’après une information rapportée par Le Parisien le 14 janvier, un policier impliqué dans un incident ayant entraîné un tir de lanceur de balles de défense (LBD) ayant possiblement touché une fillette de cinq ans a avoué avoir menti sur les circonstances entourant l’incident. Le policier fait partie des onze fonctionnaires intervenus le 4 avril 2020 dans la cité de la Noé à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) pour un vol de moto.

L’intervention des forces de l’ordre avait alors entraîné des échauffourées avec les jeunes du quartier, au cours desquelles une fillette de cinq ans a été gravement blessée à la tête par un tir de LBD. Elle fait l’objet d’un suivi médical et psychologique et risque des séquelles à vie. L’enquête de l’IGPN a été classée sans suite par le parquet de Versailles.

Lors de son audition avec l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), le policier affirme avoir tiré «en direction d’un individu de type africain qui essayait de nous déborder par la droite en nous lançant une pierre». Selon le policier, le tir aurait atteint sa cible.

Mais, rebondissement le 30 avril 2020, devant l’IGPN, le policier fait volte-face et avoue avoir menti sur la manière dont se sont déroulés les faits. Il faut dire qu’entre-temps, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre le policier en question tirer au LBD alors que son fourgon est à l’arrêt, portière ouverte. Or l’existence de ce tir n’a jamais été signalée par le policier.

Interrogé par les enquêteurs de l’IGPN, le policier a justifié sa décision en indiquant qu’il s’était posé la question de savoir si son tir à l’intérieur du véhicule était «réellement réglementaire». Craignant des sanctions, il a préféré officiellement affirmer qu’il se trouvait «à l’extérieur du véhicule» au moment du tir.

L’avocat de la famille demande la réouverture de l’enquête de l’IGPN

La famille de la fillette reproche au parquet de Versailles de ne pas avoir mis en œuvre les procédures nécessaires visant à identifier le tireur de LBD, telle qu’une analyse de l’ADN identifiée sur le projectile ayant frappé la victime. L’avocat de la famille a confirmé au Parisien avoir déposé une plainte pour «faux en écriture publique aggravé».

Ce dernier a demandé auprès du procureur général de Versailles la réouverture de l’enquête de l’IGPN, justifiant sa requête par le fait que «plusieurs fonctionnaires impliqués dans l’instruction travaillent au quotidien avec les magistrats du tribunal judiciaire de Versailles» et que, selon lui, «des doutes existent quant à la manière dont le procureur de la République, Maryvonne Caillibotte, a mené l’enquête».

Interrogée par Le Parisien, la magistrate dit assumer la décision de classement de son parquet. «C’est une décision qui peut être contestée, elle est remise en cause par la famille, c’est son droit. L’enquête doit maintenant se dérouler dans le cadre d’une information judiciaire avec le respect du contradictoire et non sur la place publique», a-t-elle affirmé.

Source à l’adresse RT France